PROGRAMME 2020

JEAN RONDEAU
24 Heures du Mans 1980 : Rondeau, l’impensable exploit !

2020 marque les 40 ans de l'une des grandes pages du sport automobile mondial et plus particulièrement des 24 Heures du Mans : en 1980 le drapeau à damiers s'agite au dessus de la voiture de Jean Rondeau marquant ainsi le sommet de l'aventure exceptionnelle de ce sarthois sur l'épreuve mancelle. Cette victoire est celle de David conte Goliath. Formidable épopée que nous nous devions de célébrer et de partager avec vous. Une aventure hors du commun, celle d'un homme obstiné qui parvint à décrocher le graal tant espéré avant de disparaitre tragiquement.

L'occasion de se remémorer avec plaisir ce grand moment qui participe largement à la construction de la légende des 24 Heures du Mans, l'histoire de ce grand monsieur.

 

1Dès l’âge de huit ans, Jean Rondeau dessine déjà des voitures de courses avec la conviction qu’il en prendra un jour le volant.
Il débute en compétition automobile en 1968 à l’âge de 23 ans et termine deuxième du « trophée Alpine », un an plus tard il est finaliste du Volant Shell. Entre 1970 et 1971, il décroche douze victoires en course de côte et cinq autres sur circuit au volant d’une Alpine Renault, c’est alors qu’une partie de son rêve d’enfant prend forme.

Il participe aux 24h du Mans en 1972 sur une Chevron B21 il est en tête de sa catégorie lorsqu’il est contraint à l’abandon après neuf heures de courses (faute de moyens financiers il ne disposait pas d’un stock de pièces de rechange suffisant).

En 1974, il remporte le trophée British-Leyland et termine les 24 heures du Mans à la 19ème place au volant d’une porsche 908/2.

Plus vraiment passionné par la course de côte, pas convaincu par sa victoire au Trophée Leyland et fustré par ses premières participations aux 24H du Mans, le Sarthois se pose des questions. Il y a bien la solution interne, fabriquer ses propres voitures, mais cela paraît si compliqué.. C’est en discutant avec ses amis chez la famille Beaumesnil que l’idée va faire son chemin.

C’est donc en 1975 qu’il se lance un défi : remporter les 24 Heures du Mans mais avec une voiture de sa propre conception.

Il crée en juillet 1975 l’association ATAC avec quelques amis afin de construire sa voiture pour les 24 Heures du Mans 1976.
La rencontre avec une connaissance de Michel Beaumesnil, Charles James va rendre ce projet possible. Ce dernier vient d’arriver chez Inaltera, une nouvelle marque de papier peint, qui cherche à se faire connaître. Entre eux ca va tout de suite coller. Avec 500 000 francs en poche l’équipe décroche le gros lot et l’aventure peut commencer2.
Fait unique dans les annales, construites en 5 mois, les voitures sont toutes les deux à l’arrivée de l’épreuve, avec une 8ème place pour Pescarolo – Beltoise et la première en GTP (Grand Tourisme Prototype). Inaltera est ravi et rempile pour 1977. Malgré la difficulté de la course, les trois autos dont deux en groupe 6 voient à nouveau le drapeau à damiers. Alors que le succès commence à se pointer, Inaltera change de cap et reprend ses billes, les voitures, les pièces, les outils, Rondeau perd tout. Mais après l’énorme travail accompli, l’histoire ne peut pas s’arrêter là.

Abattu oui mais coulé non.  Jean Rondeau ne désarme pas. Avec l’aide de Marjorie Brosse, il chasse les sponsors et décroche un nouveau partenariat début 1978. Le capital sympathie de Rondeau et de son 100% de réussite finissent de convaincre SKF en début d’année 1978. Gros soulagement la M378 prend le départ des 24H du Mans 1978. Comme les années précédentes, la voiture franchit le drapeau à damiers et termine 9ème du classement général mais il remporte la catégorie GTP.

Trois M379B sont engagés l’année suivante, les trois sont à l’arrivée mais la déception aussi pour Jean Rondeau qui n’arrivera qu’en 19ème place.

En 1980, les M379B engagées sont des évolutions du modèle de l’an passé. La principale modification visible concerne l’arrivée de deux mini ailerons arrière  placés chacun sur une aile.

Une préparation au sérieux digne d'une usine qui fait de la petite équipe, l'une des favorites.

 

3Deux autos à la finition impeccable, sont engagées en Groupe 6, la n°15 de Pescarolo-Ragnotti et la n°16 de Jaussaud-Rondeau.
La troisième auto est engagée en GTP, catégorie chère à Jean Rondeau. Elle est confiée aux frères Martin associés à Gordon Spice.

Lors de cette course, un trio va demeurer inchangé jusqu'à la 18ème heure : Porsche 980/80 n°9 avec Jacky Ickx et Reinhold Joest - Rondeau M379 n°16 Jean Rondeau et Jean Pierre Jaussaud - Porsche 953 K3 n°70 avec John Fitzpatrick, Brian Redman et Dick Bardour.

La Rondeau ne sera jamais distancée.

A un peu plus d'une heure de la fin, Jaussaud relaie une dernière fois un Jean Rondeau vidé. Il faut dire qu'il avait une pression peu commune sur ses épaules... La dernière heure apporte encore une dernière émotion. Le ciel ouvre de nouveau violemment ses vannes.
Mais la victoire a choisi son camp. L'artisan triomphe de l'usine, l'histoire est belle et a ramené le public en masse vers le circuit... L'envahissement de la piste est inévitable et superbe, les deux vainqueurs portés en triomphe !

Pour la première fois dans l’histoire des 24 Heures du Mans, un pilote s’impose au volant d’une voiture de sa propre conception et portant son nom. L’exploit de Jean Rondeau, remarquablement épaulé par Jean Pierre Jaussaud est resté unique à ce jour.

Malgré de nouvelles excellentes prestations, il ne renouvellera pas l'exploit avant son tragique décès sur ce triste passage à niveau, le 27 décembre 1985. Yves Courage et Henri Pescarolo porteront à leur tour l'admiration des sarthois. Mais aucun des deux ne put égaler la performance de Jean Rondeau. Et l'on peut douter que qui que ce soit en fasse de même un jour...

 

6Dix ans plus tard, Jean-Pierre Jaussaud revenait pour Auto-Hebdo sur cette victoire de 1980.
« On était en tête, il devait rester trois quarts d'heure de course. Il faisait un vrai temps de chien, car on se prenait des giboulées soudaines et ce n'était pas facile. En sortant d'Arnage, alors que j'étais en slicks et que rien ne le laissait présager, j'allais pour aborder une petite bosse à l'entrée de la nouvelle portion quand un commissaire s'est carrément précipité au loin, au milieu de la route, pour me signaler un danger. J'ai ralenti, j'ai rétrogradé en seconde et derrière la bosse : un lac ! Il pleuvait à verse à cet endroit et pas ailleurs. Malgré le ralentissement, je me suis embarqué dans un monumental travers. J'ai bien mis 300 mètres avant de stabiliser la voiture et miracle, je n'ai pas touché le rail. J'étais sur le bas-côté, moteur calé.. Nouvelle angoisse : depuis le matin, nous connaissions des problèmes de démarreur ! Au premier contact, rien... Trente secondes plus tard, deuxième essai et là, coup de pot, le moteur redémarre ! Je suis reparti et là, j'ai pensé qu'il ne pourrait plus rien nous arriver. Il était écrit qu'on gagnerait Le Mans. N'empêche que j'ai vécu là les 30 secondes les plus longues de ma carrière.
Jean Rondeau était un type vraiment adorable. J'ai toujours eu d'excellentes relations avec lui et j'aimais beaucoup sa vision des choses, la façon dont il savait mener son équipe, la ténacité qu'il déployait pour atteindre ses objectifs. A partir d'une petite équipe, avec des moyens bien moindres que ceux de la concurrence, il fallait bien qu'il soit d'une trempe exceptionnelle pour réaliser ce qu'il a fait. Jean, c'était un battant extraordinaire. »

 

 

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