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La compétition

 

1961 : les premières courses

Les premières courses automobiles sur le Motor Stadium Jean Behra (ancien nom du circuit de Magny-Cours) eurent lieu le dimanche 28 mai 1961. Ces courses, organisées sous forme de séries, furent nommées « 1er Circuit de vitesse automobile » et rééditées par la suite chaque année à la même période (jusqu'en 1977, il y en aura 16 au total).

Avec plus de 10 000 entrées et 4 000 voitures dans les parkings, cette première édition fut un succès avec uniquement trois catégories représentées :

  • Tourisme améliorée
  • Formule Junior
  • Grand Tourisme

Pour l'anecdote, deux britanniques, tous deux au volant d'une Cooper-Austin, ont terminé cet après-midi là en tête du classement final « Formule Junior ». Maggs s'est imposé devant Love, assurant une vitesse moyenne de 113,420 km/h en course.

Sous formes de séries également, le « 1er Circuit de vitesse moto » fut organisé les 10-11 juin 1961.

Les 1er et 2 octobre suivants, 4 mois après le 1er Circuit de vitesse moto qui a réuni 5000 spectateurs, le circuit accueille les Championnats de France de Moto. Un prodige des sports mécaniques s'impose en catégorie 175 cm3, il s'agit de Jean‑Pierre Beltoise.

Les compétitions s'installent sur le circuit et la production Martini commence

Il est aujourd'hui impossible de parler de compétitions à Magny‑Cours sans évoquer le nom de Tico Martini. Arrivé à l'école de pilotage du circuit en 1963, ses activités de constructeur automobile vont peser lourdement sur les 40 années de compétitions qui vont suivre sur le circuit.

En 1963, nous assistons également à la création du « Volant Shell » destiné à récompenser chaque année le meilleur élève du cours de pilotage. Jean‑Pierre Jaussaud sera le premier à le remporter.

Nous sommes en 1964, les événements commencent à prendre forme sur le circuit Jean Behra. A l'occasion du 4ème Circuit de vitesse automobile, deux futurs piliers du sport automobile français vont se démarquer : Guy Ligier et Henri Pescarolo.
Le premier terminera second dans la catégorie GT et Sport au volant d'une Porsche 904, quant au second il remportera la Coupe des Provinces de France. Par ailleurs, les séries commencent à s'étoffer, les pilotes s'affrontent désormais en GT et Sports, en Coupes des Provinces de France, en Formule 3 et dans deux catégories différentes en tourisme : les moins de 1000 cm3 et les 1000-2000 cm3.

C'est en 1967 que l'aventure Martini commence réellement. Lassé des mauvaises performances de certaines voitures, il décide de construire la sienne. Elle s'appellera MW1, M comme Martini et W comme Winfield (le nom de l'école de pilotage du circuit qu'il dirige alors). Puis dès 1970, les MK4 (M comme Martini et K comme Knight, son associé de l'école) sortent de l'atelier. C'est le début d'une grande production.

 

Cette même année les Matra d'Henri Pescarolo remportent plusieurs victoires au 6ème Criterium automobile. Celui-ci s'impose notamment en catégorie Formule 3, Sport et Sport Prototype (+ de 1300 cc).

En 1968, le « Trophée Winfield » est créé pour donner une deuxième chance aux pilotes prometteurs ayant échoués au Volant Shell. Un certain Jacques Laffite remporte ce premier trophée. A l'occasion du 8ème Circuit de vitesse automobile, Jean‑Pierre Jabouille s'impose en catégorie Formule 3 et la Formule France fait partie des nouvelles catégories représentées.

Le succès que remporte le circuit est croissant, si bien qu'en 1969 le 9ème Circuit de vitesse automobile a lieu et le record de fréquentation est battu avec 25 000 spectateurs. Jean‑Pierre Jaussaud s'impose en Formule 3, Jean‑Pierre Jabouille termine deuxième. Martini affiche déjà de bons résultats en catégorie Formule France avec une deuxième place de Trollé.

Le 2 mai 1971, on inaugure le nouveau circuit (d'une longueur totale de 3 850 mètres) lors du 11ème Circuit de vitesse automobile. Le grand vainqueur du jour sera Gérard Larousse qui s'impose en Sport et Sport Prototype, pendant que Martini signe le doublé Formule 3 et Formule France.

Cette même année marque également la disparition de Jean Bernigaud, décédé le 23 décembre.

L'après Jean Bernigaud

Jean Bernigaud décédé, sa femme Jacqueline aidée de ses enfants reprend le flambeau et les compétitions continuent de s'enchaîner sur le circuit.

En 1973, Max Mamers s'impose devant Xavier Lapeyre en Coupe Simca 2 litres au Volant de sa Grac.

Après 11 « Volants Shell », cette distinction disparaît en 1974 pour laisser place au « Pilote Elf ». Le concept reste le même, seul le sponsor change. Yves Le Strat devient ainsi le 1er pilote Elf.

 

Pour la première fois, le circuit Jean Behra accueille en 1975 le championnat de Formule 2 et c'est Jean‑,Pierre Jabouille qui remporte la course. Une seule Martini est représentée, c'est la MK 16 de Jacques Laffite. Partie en pole position, il terminera la course en 7ème position à cause de soucis mécaniques.

En 1976, au cours du 16ème Circuit de vitesse automobile, Didier Pironi remporte la victoire en Formule Renault Europe alors qu'un tout jeune pilote s'impose en catégorie Formule Renault nationale, il s'agit d'Alain Prost. Le journal du centre rédige alors un article intitulé : « Alain Prost », vedette de demain ? ». Ce dernier s'imposera également en Formule Renault à l'occasion du 15ème Critérium Automobile.

La naissance des Trophées Jean Bernigaud

En 1977, en hommage à Jean Bernigaud, le traditionnel « Circuit de vitesse » prend le nom de « Trophées Jean-Bernigaud », le concept reste cependant le même. Cette année là, les catégories représentées sont :

  • le Challenge Formule Renault Europe
  • le Championnat de France de Production
  • le Championnat national Formule Renault
  • le Trophée British Leyland
  • la Course Renault Elf 5TS
  • la Course Golf GTI
  • la Course Trophée Alfasud
Martini réalise une bonne opération lors du Challenge Formule Renault Europe. Alain Prost s'impose et Dany Snobeck termine 3ème, tous deux au volant d'une Martini MK 20E.

Alain Ferté, alors âgé de 22 ans, est élu 4ème pilote Elf.

En 1979, aux Trophées Jean-Bernigaud, on assiste à une nouvelle victoire importante d'Alain Prost qui s'impose en Formule 3 tandis qu'Alain Ferté remporte sa première victoire en Formule Renault, tous deux roulaient en Martini.

Parallèlement, Jean‑Pierre Jabouille est le premier français à s'imposer en F1 au Grand Prix de France organisé sur le circuit de Dijon-Prenois.

 

L'année 1980 marque le 20ème anniversaire du circuit. Pour fêter cela, 7 pilotes français de F1 (J. Laffite, D. Pironi, R. Arnoux, J-P Jarrier, J-P Jabouille, A. Prost et P. Depailler) s'affrontent sur le circuit en R5 Alpine.

Alain Ferté confirme les espoirs placés en lui. En 1982, il remporte une importante victoire au Championnat d'Europe de Formule 3 à bord de sa Martini MK 37, tandis que Dany Snobeck, leader en Production, s'impose sans surprise dans sa catégorie.

Pendant ce temps là, Alain Prost continue son ascension fulgurante, il signe en 1981 sa première victoire lors d'un Grand Prix de F1, devant son public, sur le circuit de Dijon-Prenois.

Nous sommes de retour à Magny-Cours. L'année 1986 marque un tournant puisque le Conseil Général de la Nièvre rachète le circuit à la famille Bernigaud avec pour projet d'y construire une piste F1. Le circuit Jean Behra sera finalement démoli en 1988 pour laisser place au nouveau circuit de Nevers Magny-Cours destiné à recevoir les F1.

1990 : une nouvelle ère commence ...

Les choses vont aller vite puisqu'en 1990 la FISA accorde un bail de 5 ans à la société anonyme d'exploitation et de promotion du circuit de Nevers Magny-Cours (SAEPCNMC) pour l'organisation du Grand Prix de France de 1991 à 1995.

On assiste donc au premier Grand Prix de France F1 sur le Circuit de Nevers Magny-Cours le 7 juillet 1991, après 6 années consécutives d'organisation sur le circuit Paul Ricard. Cet événement réunira plus de 100 000 spectateurs qui verront s'imposer le britannique Nigel Mansell sur cette toute nouvelle piste. Alain Prost terminera en deuxième position et un autre pilote français terminera 4ème, il s'agit de Jean Alesi.

1991, c'est aussi l'année où Keke Rosberg et Yannick Dalmas viendront s'imposer en 905 Peugeot à l'occasion des Championnats du Monde des Sports Prototypes.

La 905 Peugeot avait été officiellement présentée avec Jean-Pierre Jabouille, alors désigné directeur du programme par Jean Todt, à Magny-Cours le 4 juillet 1990.

En 1992, le Grand Prix moto de France fait un passage d'une année (et une seulement) sur le circuit de Magny-Cours. En 125 et en 250 cm3, deux Italiens (Gianola et Reggiani) s'imposent alors que dans la catégorie reine (500 cm3), c'est l'Américain Wayne Rainey qui remporte la course.

Prost ne roulera pas en F1 pendant la saison 1992, s'accordant une année sabbatique. Cette année-là, Nigel Mansell s'impose une nouvelle fois à Magny-Cours tandis que le français Erik Comas termine la course en 5ème position au volant de sa Ligier-Renault. Le Grand Prix s'organise dans des conditions particulières puisqu'une grève des transporteurs routiers bloque les grands axes routiers sur le territoire français. Pour l'anecdote, toutes les écuries arrivent finalement à rejoindre le circuit sauf une, Andrea Monda, écurie amateur qui disparaîtra du plateau à la fin de la saison.

En 1993, c'est la consécration, Alain Prost est le premier français à remporter la victoire en F1 à Magny-Cours. Il termine en 1h38min et 35s juste devant Damon Hill et Michael Schumacher.

Prost sera finalement sacré champion au terme de cette saison, sa dernière. Aucune Marseillaise n'a retenti depuis sur un Grand Prix de France.

1993 marque aussi l'entrée en vigueur de la loi Evin qui interdit toute publicité sur le tabac et l'alcool. C'est un cataclysme qui s'abat sur le sport automobile français qui financièrement dépendait beaucoup de ces soutiens. Pour l'anecdote, l'organisation se voit même obligée de retirer l'étiquette de la marque de la bouteille de champagne avant son ouverture sur le podium !

L'année 1994 fut sans conteste l'année de Michael Schumacher. Il va s'imposer à Magny-Cours, ce sera la première de ses 8 victoires au Grand Prix de France. Il est toujours détenteur du record de victoires sur ce Grand Prix (6 pour Alain Prost, 4 pour Juan Manuel Fangio et 2 pour Nigel Mansell). Cette année sera aussi celle de son premier titre.

En 1996, c'est le britannique Damon Hill qui remporte le Grand Prix de France F1 mais pour la première fois depuis 1993, un français monte sur le podium à Magny-Cours, il s'agit de Jean Alési auteur d'une excellente 3ème position. Olivier Panis termine lui en 7ème position, c'est une bonne opération pour les français.

Les années passent, les compétitions se succèdent et sont en constante augmentation. On citera pour illustration les Super Séries FFSA, les Séries FFSA, le Grand Prix de France, etc, sans compter plusieurs autres évènements ponctuels.

Les années 2000 ...

L'an 2000 marque l'arrivée du Bol d'Or sur le circuit de Magny-Cours, organisé auparavant depuis plus de 20 ans au Castellet. Cette année-là, c'est le trio composé des français Delatang et Forret, et de l'australien Willis qui va remporter l'épreuve.

Cet événement fait toujours partie des rendez-vous annuels du circuit.

En 2003 la piste « Grand Prix » est modifiée. L'annonce du choix de Magny-Cours pour l'organisation de l'épreuve finale des Championnats du Monde de Superbike et Supersport 2003 a fortement pesé dans la décision d'entreprendre ces travaux.

En 2004 il y'a du changement puisque le Grand Prix F1 est désormais promu et organisé par la FFSA.

A l'occasion des 100 ans du Grand Prix de France en 2006, le circuit de Magny-Cours organise le Grand Prix du Centenaire. Pour l'anecdote, le premier en 1906 a eu lieu au Mans et fut remporté par le Hongrois Ferenc Szisz sur une Renault.

Nous voilà en 2008, la première édition des « Classic Days » est organisée les 2, 3 et 4 mai. Le lien entre le passé et le présent est désormais renoué.


Source et remerciements : Jean-Louis BALLERET (1993) Magny-Cours 30 ans de courses ! , Edition S.I.N. PHOBOS
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